14 février 2009

Un peu de bibliographie

L'hommage légitime rendu par la Société française de Numismatique à Françoise Dumas nous vaut pour le volume de 2008 (vol.164) de la Revue numismatique un très grand nombre d'articles consacrés à la numismatique médiévale.
En ce qui me concerne, parmi l'abondante bibliographie de Françoise Dumas (donnée dans les pages 11 à 20 de ce numéro), j'ai été particulièrement marqué par les ouvrages suivants :

1.DUMAS, F. Le monnayage des ducs de Bourgogne . (Universite catholique de Louvain Institut superieur d'archeologie et d'histoire de l'art Seminaire de numismatique Marcel Hoc: Louvain-la-Neuve, 1988).
2.DUMAS, F. & BARRANDON, J. Le titre et le poids de fin des monnaies sous le règne de Philippe Auguste(1180-1223). 103(1982).
3.DUMAS-DUBOURG, F. Le trésor de Fécamp et le monnayagesen Francie occidentale pendant la seconde moitié du Xe siècle. (Bibliothèque nationale: Paris, 1971).
4.BOMPAIRE, M. & DUMAS, F. Numismatique médiévale : monnaies et documents d'origine française. (Brepols: Turnhout Belgium, 2000).

Remarque : cette liste est exportée de Zotero (cf. ce billet), donc la mise en forme est automatique et des COinS( cf. ce billet-là) sont générés, permettant de produire un lien OpenURL si vous êtes rattaché à une bibliothèque disposant d'un résolveur OpenURL (et que vous avez paramétré l'extension OpenURL Referrer), et permettant également à Zotero (si vous l'avez sur votre navitageur Firefox) de récupérer ces références pour les charger automatiquement dans votre base bibliographique.

Généralement la Revue numismatique ne contient que deux ou trois articles portant sur les monnaies médiévales. Cette cuvée exceptionnelle ne devant pas se perdre, je vous en donne la liste (incomplète : d'autres articles cohabitent dans ce volume de la revue, mais nous concerne moins) :
Toujours par extraction de Zotero (après avoir saisi ces références manuellement dans Zotero).

1.SARAH, G. et coll. Analyses élémentaires de monnaies de Charlemagne et Louis le Pieux du Cabinet des Médailles : l'Italie carolingienne et Venise. RN 164, 355-406(2008).
2.HOURLIER, M. CAPVT REGIS et couronne royale. RN 164, 55-64(2008).
3.PROT, R. & CRINON, M. Deniers inédits de Jean de Chalon-Auxerre, seigneur de Rochefort (Jura). RN 164, 129-136(2008).
4.COATIVY, J. Le conseil ducal breton et la monnaie au bas Moyen Age. RN 164, 145-150(2008).
5.DERZYPOLSKY, N., DHÉNIN, M. & HOURLIER, M. Le denier de Verdun de Raoul (923-925). RN 164, 41-44(2008).
6.MORRISSON, C. & BLET-LEMARQUAND, J. Le métal des chrysobulles (XIe-XIIe siècle). RN 164, 151-168(2008).
7.CARDON, T. et coll. Le premier trésor monétaire de type viking en France ; denier inédit d'Eudes pour Beauvais. RN 164, 21-40(2008).
8.TRAVAINI, L. Les frontières de l'Eternité ? Le cas d'un nom de monnaie : santalene. RN 164, 169-184(2008).
9.TEBOULBI, A., BOMPAIRE, M. & BARRANDON, J. Les monnayages d'Alphonse de Poitiers. Etude par analyses élémentaires. RN 164, 65-128(2008).
10.CRINON, P. Un denier inédit de Courtrai. RN 164, 45-54(2008).
11.GARNIER, J., DIEL, J. & SOMBART, S. Un écu d'or de Charles VI attribuable à Mouzon (Ardennes). RN 164, 137-144(2008).

Je n'en ai pas encore achevé la lecture, mais deux articles me semblent d'ores et déjà incontournables :

1. L'article de Michel Hourlier (Caput regis et couronne royale) qui traite de l'interprétation du "châtel tournois", rebalayant les sources sur la question (dont la plupart m'étaient inconnues). Il reproduit une fibule montrant une tête couronnée, où la couronne ressemble à s'y méprendre au type tournois. J'avais écrit pour ma part combien je répugnais à voir dans ce type un type architectural, dans la mesure où toutes les représentations d'édifices sont dans l'est de la France actuelle (en terre d'Empire à l'époque), ce qui ferait du "châtel" tournois un cas iconographique isolé (donc gênant). J'avais opté pour un reliquaire, toujous sur le même principe de la loi des séries (d'autres monnaies de la même époque et de la même ère géographique représentent des reliquaires), mais je suis prêt à adopter le point de vue de M. Hourlier, tant la ressemblance est frappante.
Si je continue sur mon procédé de mise en série, je dois alors voir si la représentation d'une couronne "colle" avec l'époque (apparition du type fin XIe ou plutôt début XIIe siècle) et la région.
On se souvient que le type qui est frappé à Saint-Martin de Tours juste avant celui-ci est une tête entouré des lettres SM.
La transition de la tête à la couronne se ferait assez volontiers -- mais avec un glissement complet : car ce n'est pas la couronne de saint Martin (rien dans l'iconographie propre à ce saint n'y invite), et c'est pourtant bien sa tête.
C'est donc peut-être ma méthodologie qui est elle-même a ajuster. J'y repenserai.

2. L'article de A. Teboulbi, M. Bompaire et J.-N. Barrandon sur le monnayage de Poitiers.
Cet article expose longuement les techniques d'analyses métalliques non destructrices par utilisation d'accélérateur de particules (il n'y a pas que le LHC dans la vie). Sa lecture pourrait n'être indispensable que pour ces questions-là, car on y rappelle notamment que selon la méthode employé, l'analyse se fait plus ou moins en profondeur.
Pour connaître la teneur de métal précieux (or ou argent) et vil dans une pièce par accélération de particules, deux méthodes sont mentionnées : l'activation protonique (AAP) et l'activation avec des neutrons rapide de cyclotron (ANRC).
Je ne détaillerai pas plus avant ces deux techniques (il faut de toute façon lire l'article intégralement), et m'en tiendrai aux conséquences : l'AAP fait une analyse sur 300 microns de profondeur, et l'ANRC analyse toute l'épaisseur de la pièce.
Or généralement les siècles ont oxydé les exemplaires que nous possédons, et le métal oxydable (vil) présent en surface, s'est dégradé et a disparu : les résultats par AAP indiquent donc un pourcentage de métal précieux systématiquement plus important que ceux obtenus par ANRC.
En conclusion : sans juger une méthode nécessairement meilleure que l'autre, il est toujours bon de savoir, lorsque l'on en consulte les résultats, laquelle a été employée -- afin notamment de pouvoir la confronter avec une autre.

Le résultats le plus important de cet article concernant spécifiquement le monnayage d'Alphonse de Poitiers me semble le suivant : il retire au frère du roi, comte de Poitiers de 1241 à 1271, puis par son mariage comte de Toulouse de 1249 à 1271, les monnaies avec TOLOSA CIVI en trois lignes, pour les redonner à Alphonse Jourdain (première moitié du XIIe siècle).
En effet, les numismates avaient face à eux :
  • des monnaies au nom d'Alphonse, avec au droit "PICTAVIENSIS" en trois lignes -- et un seul comte de Poitiers de ce nom : le frère de Saint Louis (Poey d'Avant 2584, pl. LV, n° 5)
  • des monnaies au nom d'Alphonse, avec au droit "TOLOSA CIVI" (Poey d'Avant 3697, pl. LXXXI, n° 1).


Il était donc très tentant d'en conclure qu'Alphonse de Poitiers avait adopté ce type en Poitou, puis l'avait utilisé aussi à Toulouse après avoir hérité du comté à la mort de son beau-père.
Or l'analyse métallique des émissions d'Alphonse de Poitiers, mais également des comtes de Toulouse antérieurs, révèle que ces pièces TOLOSA CIVI, par leur composition, se rattachent en réalité à l'époque d'Alphonse Jourdain, auquel la science attribuera donc désormais ces pièces.

Ainsi donc le type en trois lignes à Toulouse n'a rien à voir avec celui de Poitiers. Cela me rend humble sur toutes les interprétations typologiques d'influences, imitations, etc., que j'ai pu faire par le passé !

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3 Commentaires:

Anonymous Anonyme a dit...

voici le lien de la photo d'une pièce de monnaie du COMTÉ DE TOULOUSE - ALPHONSE JOURDAIN - (1112-1148)
http://ventesuroffres.free.fr/images/monnaies/vso/v07/v07_0723.jpg

@ +++

18:41  
Anonymous Anonyme a dit...

dont j'ai le plaisir d'en obtenir une, de très belle conservation...

18:42  
Anonymous Anonyme a dit...

réctification,

dont j'ai le plaisir dans détenir une...

18:43  

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