21 mars 2007

Europeana ouvre demain, paraît-il

Je me demande si on arrivera au même résultat que lors de l'ouverture de Geoportail en juin 2006. Il y a un tel tapage médiatique c'est souvent un pari risqué. Au moins est-on sûr que Jacques Chirac, qui le voit aujourd'hui en avant-première, ne sera pas en concurrence avec les milliers d'autres utilisateurs intéressés.
Je n'ai jamais rendu compte, finalement, de la soirée passée à la BnF avec des responsables du projet et deux consultants chargés d'accompagner la mise en place. Il y avait 5 chercheurs et moi (j'avais prévenu que j'étais bibliothécaire, mais j'étais bien là en tant que chercheur, et utilisateur de Gallica).
Il est plus ou moins admis que l'on peut légitimement taper sur Europeana. Encore faut-il ne pas confondre les cibles :
  • en tant que projet, ce projet de bibliothèque européenne est très française. J'ai déjà fait remarquer qu'il n'est référencé par aucun blog anglophone (d'après Libworm). Finalement, c'est surtout une possibilité de régénérer l'interface de Gallica avec beaucoup de pub. Mais comme projet européen, c'est nul.
  • en tant qu'outil, nous aurions tort de faire la fine bouche.
Très clairement, malgré le côté esbrouffe (les encarts d'outils sur les colonnes latérales sont déplaçables : c'est impressionnant mais ça ne sert à rien. Ça encombre même plutôt l'écran, au final), l'interface de consultation contient tout ce dont un bibliothécaire rêverait pour sa bibliothèque numérique, et sans doute même au-delà (les outils web 2 rencontrent encore des réticences).

Sur un point tout de même, qui est sujet à débat, je veux émettre une critique de fond (que j'ai émise lors de la réunion sus-mentionnée - je doute que les développeurs en aient tenu compte). Europeana intègre un tas d'outils (RSS, etc.), y compris la possibilité de tagger des pages d'ouvrages, de créer des communautés d'utilisateurs qui puissent d'un blog.
C'est souvent un travers chez nous autres d'entendre parler d'outils existants (logiciel de gestions de groupes d'internautes, de blogs, etc.) et de vouloir les intégrer à nos sites. Mais puisqu'on vous dit que les outils existent déjà ! Les internautes s'en servent ailleurs, et il n'y a pas de raison pour qu'ils aient envie de migrer.
Par exemple, si Europeana propose un blog mais pas un agenda partagé (où les membres du groupe pourraient indiquer les dates des prochaines conférences sur leur passion commune), les utilisateurs potentiels vont-ils utiliser le blog Europeana et l'agenda Google ?
etc. etc.

En bref, il y a des sociétés qui montent des outils bien plus performants, qui seront toujours plus performants, et que les internautes préfèreront toujours.
Nous pouvons lutter, bien sûr. Mais le web 2, c'est surtout, non pas la concurrence, mais l'interfaçage : les applications dialoguent entre elles (mashups, web services, etc.).
Donc plutôt que d'intégrer un gestionnaire de groupes, de blogs et d'autres choses (pourquoi pas un aggrégateur de fils RSS ?) dans une bibliothèque numérique, pourquoi ne pas s'appuyer sur ce qui existe déjà ? Yahoo! Groups, LibraryThing, etc. En permettant à ces communautés, à ces outils, d'être visibles dans la bibliothèque numérique.

Cela dit, il n'est pas sûr que les utilisateurs de bibliothèques numériques soient tous déjà dans MySpace : les outils web 2 sont des outils de communication, et les bibliothèques numériques proposent de l'information, du contenu. Ce sont deux démarches différentes, qui appartiennent souvent à deux générations différentes (je suis déjà has been). Alors si on propose aux habitués des bibliothèques numériques des outils web 2 au sein de l'interface de consultation du document, il est bien possible qu'il s'en empare. Pour la première fois de sa vie.
La preuve : les autres chercheurs (des lecteurs potentiels pour nous autres) étaient bluffés. Et si le chercheur est bluffé, le bibliothécaire aurait tort de se plaindre...

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