04 novembre 2006

J'ai installé Pleade sur mon PC ! Au fait, pourquoi ?

[Si les détails concernant l'installation de Pleade ne vous intéressent pas, voyez plus bas le pourquoi de la chose]
[Rappel : Pleade, c'est, pour simplifier, un outil permettant de gérer une base de documents en EAD, format XML permettant surtout de diffuser des inventaires d'archives]
Je suis très fier de moi. Pour rien, étant donné que d'autres, j'en suis sûr, n'ont eu aucun problème pour installer Pleade. Mais j'y passé plusieurs heures, et il s'est bien écoulé 24 h (ponctuées de pauses) entre la première seconde où je m'y suis mis, et le moment où tout est validé.
En effet le mode d'emploi qu'on trouve sur le site officiel semble dater un peu : il décrit plusieurs manipulations qui seront jugées plus ou moins complexes par les uns et les autres :
  1. Installation d'un Java Development Kit (JDK pour les intimes).
  2. Installation d'un serveur Tomcat
  3. Installation de SDX, moteur de recherche
  4. Installation de Pleade, application de SDX pour les documents EAD
Les problèmes que j'ai eus :
  • Sur le point 1 : il existe un nombre invraisemblable de produits proposés par Sun pour des environnements Java, machines virtuelles Java, etc. J'ai mis du temps à trouver le bon (en l'occurrence, le fichier téléchargé qui s'est avéré le bon s'appelait "j2sdk1.4.2_13").
  • Ensuite, SDX était plus ou moins reconnu par Tomcat, et Pleade pas du tout par SDX, pour des raisons Java que je n'ai toujours pas comprises (des messages d'erreurs à la pelle, plus désagréables à lire et aussi évocateurs que des injures dans une bande dessinée). Bref, ça n'allait pas. Jusqu'à ce que, au bout de plusieurs heures (comme ci-dessus mentionné), j'ai découvert qu'il existait un fichier Pleade.exe (à la place des fichiers zippés de Tomcat, SDX et Pleade), qui proposait, tout seul, d'installer au choix:
    • Pleade seul
    • Pleade avec SDX (donc en supposant que l'on a déjà installé Tomcat)
    • Pleade + SDX + Tomcat
La dernière solution était évidemment la bonne : je n'avais plus qu'à me laisser guider ensuite.
Donc voilà : c'est fait.

Au fait, pourquoi ?
En fait, depuis plusieurs années je suis convaincu que l'EAD est LA bonne solution pour proposer des bases de données de monnaies sur Internet. Deux raisons essentielles à cela :
  1. Faciliter pour générer les inventaires
  2. Affichage de séries.
En effet il y a deux choses qui me chagrinent dans les bases de données en ligne :
  1. les constituer représente un travail très long, d'autant plus que lorsqu'on veut publier parallèlement un catalogue il faut faire le travail deux fois : une fois dans le document texte (Word), une fois dans la base de données, avec un formulaire et des champs à remplir.
  2. Chaque notice est indépendante des autres, et il est impossible, sauf à refaire des requêtes dans le moteur de recherche, de naviguer dans une série de monnaies, une succession d'émissions.
Il me semble évident (mais de plus expérimentés peuvent me contredire) qu'on retrouve dans les collections monétaires une structure complètement similaire à celle des archives :
Dans les archives : Fonds > Série > Sous-série > Cote (carton) > Liasse > Pièce
(je ne connais pas grand chose aux archives, mais il me semble que c'est à peu près ce lexique)
Dans les médaillers : Fonds > Autorité (institution) > Autorité (personne physique) > Métal > Monnaie > Emission > Exemplaire
Par exemple, pour mon inventaire des monnaies de l'Ordre de Malte, on trouve (pour la première monnaie)
Orient Latin > Ordre de Malte > Rhodes > Foulques de Villaret (1305-1319) > Monnaies d'argent > Gros d'argent > Ex. 1.
On pourrait se servir de la référence comme indication d'émission (si plusieurs types de gros d'argent se succèdent) et de la cote pour identifier l'exemplaire.
Mettre ce fichier en EAD le rend interrogeable par le moteur de recherche de Pleade, en restituant la structure de l'ensemble, ce qui permet, une fois la monnaie trouvée, de naviguer dans l'ensemble des gros de ce Grand Maître, ou l'ensemble de ses monnaies d'argent, ou l'ensemble des monnaies des Grands Maître ayant vécu à Rhodes, etc. On peut remonter ou redescendre dans l'arborescence, de façon plus maniable que dans Poey d'Avant.

Quand à la facilité pour produire ce genre de fichiers EAD, c'est un gros problème, car peu en sont convaincus.
A l'heure actuelle, les institutions utilisant l'encodage XML le font avec des outils extrêmement lours à gérer (pour ce que j'en sais), qui finiront par faire regretter Intermarc.
Les logiciels permettant d'éditer de l'EAD montrent généralement les balises en clair, et un des meilleurs outils existant, ATES (appliqué sur un logiciel gratuit, XML Mind Editor), fournit tout de même un affichage complexe.
Or, pour les catalogues de monnaies, les fichiers sont généralement bien structurés, et il est beaucoup plus intéressant de partir d'un fichier Word stylé (ce que j'ai fait) pour travailler ensuite sur l'outil de conversion vers l'EAD.
Ainsi la personne qui catalogue ses monnaies ne passe pas plus de temps à le faire (sauf à apprendre ce qu'est une feuille de style Word ou OpenOffice), et c'est le technicien qui a la charge de produire le fichier XML.
Travailler sur la conversion et non sur la production, ça signifie notamment que plus il y a de monnaies, plus c'est rentable et plus on gagne du temps.

Cet inventaire de Malte, il m'a fallu une demi-heure pour le convertir en EAD propre, avec un script Perl imparfait. J'ai commencé à étudier l'export vers XML avec OpenOffice, et je suis déjà certain que les résultats seront beaucoup plus probants. A terme, il faudra sans doute 5 minutes pour partir d'un fichier Word (bien stylé, j'insiste -- mais savoir styler un document, c'est gagner du temps aussi) et obtenir un beau document EAD à mettre en ligne.

A mon sens, tous les outils d'édition de fichiers XML, comme Ates, ou PiXML (utilisé au Département des Manuscrits de la BnF, que je n'ai pas vu fonctionner), ne devraient servir qu'à la reprise des documents générés automatiquement. Saisir du XML au clavier d'ordinateur, c'est une perte de temps ENORME. Franchement, les responsables de collections monétaires et de fonds d'archives ont mieux à faire !

3 Commentaires:

Anonymous Anonyme a dit...

Fort joli billet, rempli d'humour et bien rédigé. Je suis aussi un utilisateur de Pleade, Ates, et tout la panoplie de conversion de XML à OpenOffice et inversement. Je vous signale en passant qu'il existe un logiciel (gratuit) qui permet de transformer tout document XML en PDF en ayant soin de créer au péalable une feuille de style .css adaptée, tapez "prince" sur un moteur de recherche et vous trouverez (le logiciel est en angalis/australien mais très facile à comprendre. Bonne continuation ! D

15:20  
Anonymous Lully a dit...

J'aurais bien voulu essayer le logiciel en question, très alléchant. Mais sur le site on trouve : "The demonstration version of Prince is fully functional, but the first PDF page generated is promotional." Tant pis.

15:35  
Anonymous Anonyme a dit...

Oui c'est vrai, le PDF est généré mais la première page est une publicité de Prince. J'ai un modèle .css avec tous les éléments de l'EAD, si cela vous intéresse ? Sinon tant pis et bonne continuation et bravo pour votre bloc-notes, il est fort bien construit. D

14:44  

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