13 juin 2008

Denier inédit de Langres ?

Junioricus publie sur son site un denier trouvé en janvier dernier (cf. ce forum) qui me laisse extrêmement perplexe.
Voir la photo de l'exemplaire

Description :
+ XPTS VINCIIT II.S sous -- , dans un grènetis.
R : + LIIICONIS CIV PE Croix pattée dans un grènetis.
Pour l'occasion, voici ma monographie sur l'atelier de Langres (2004) et ci-dessous les planches correspondantes.



Il semblerait que ce soit la monnaie la plus ancienne connue émise à Langres (IXe siècle, donc).
Ce qui est étonnant, c'est la coïncidence dans cette pièce entre :
  1. un denier inédit
  2. la monnaie la plus ancienne d'un atelier
  3. des inscriptions sans équivalent ni par la suite, ni ailleurs.
L'inscription dans le champ du droit, IIS, devrait se transcrire sans difficulté par IHS, monogramme pour IHESVS (cela dit, pourquoi pas IOHANNES...). Mais je ne connais pas d'exemple aussi ancien d'utilisation du nom de Jésus (extrêmement rare !) sur des deniers médiévaux. Les monnaies sont généralement beaucoup plus métaphoriques pour parler du Fils de Dieu : SIGNVM DEI VIVI (Anjou), etc.
Même en prenant le IIS pour le monogramme d'un évêque ou la dégénérescence de quelque chose, il reste la légende qui l'entoure.
Et je n'ai rencontré la légende XPC VINCIT qu'à partir de saint Louis : XPC VINCIT XPC REGNAT XPC IMPERAT.
Donc ce denier de Langres aurait beaucoup d'avance en employant cette légende (un apax total). Une rapide recherche passionnante serait à faire sur l'histoire de la théologie du Christ roi.
En outre sur cette monnaie on aurait une liaison forte entre l'inscription du champ et la légende, puisqu'il faudrait lire : Ihesus Christus vincit.
Au revers, un procédé intéressant qui m'étonne moins : LINCONIS CIVI RE, où les deux derniers mots sont le début de CIVITAS, et le mot REX. J'ai déjà rencontré la pratique suivante : écrire une légende signifiante (Lingonis Civitas) mais la terminer par des lettres qui reproduisent la fin de la légende d'une autre monnaie (LVDOVICVS RE) pour engendre une légère confusion.
Cette substitution de lettres se produit essentiellement de part et d'autres de la croisette initiale.
Le plus bel exemple en est l'imitation par l'évêque de Cambrai Pierre IV d'André, du royal d'or de Jean II le Bon (légende IOhS GRA DEI FRANC REX -- Duplessy 1999, 293), en mettant en légende IOh’ES : LVCΛS-MRCVS : MΛTh’S (P.-Ch. ROBERT, Numismatique de Cambrai, pl. XIV, n° 7).

Cet usage, qui est à la frange de l'imitation, atteste que l'oeil qui se portail sur la légende regardait surtout de part et d'autre de la croisette.

Bref, ce denier inédit de Langres est tout à fait remarquable, et cumule des caractéristiques telles qu'on est tenté de croire à une erreur. Et pourtant il est bien là... et mérite qu'on s'y attarde.

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09 mai 2008

Les deniers épiscopaux de Lodève

Je découvre par hasard sur cette page, consacrée au culte de saint Fulcran à Lodève, l'indication suivante, dans le paragraphe intitulé "Monnaie" :
Evêque et chef temporel, c'est ainsi qu'il faut également interpréter la figure de Fulcran que Pierre Raimond fît graver sur les deniers lodévois. Tous portent le nom de « Fulcran », quelques uns le mot « sanctus ». La pluspart portent dans le champ un buste mitré de face avec la légende « eps:lodove » (évêque de Lodève). Habituellement à cette époque, et particulièrement dans le Midi, lorsqu'un saint est représenté sur une monnaie, son buste coupe la légende par le bas. Rien de tel pour la monnaie lodévoise ou le buste de Fulcran ne coupe pas la légende.

Et l'auteur de la page explique que d'après moi (dans ma thèse d'Ecole des chartes) :
"ce fait suggère que Fulcran est ici représenté beaucoup plus comme évêque que comme saint. Singularité liée à la rédaction contemporaine d'une Vie (par Pierre de Millau) et à la volonté manifeste de l'évêque Pierre Raimond de mettre en avant l'action politique de Fulcran, confronté à des seigneurs entreprenants, situation identique pour lui-même, dans un contexte politique et religieux pour le moins mouvementé."

Si cette conclusion avait été de quelqu'un d'autre, j'aurais écrit sur ce blog que son auteur avait été extrêmement audacieux dans son interprétation.
Comment le simple fait qu'une légende soit coupée ou non par le buste permet-elle de savoir si c'est un évêque ou un saint qui est représenté -- surtout si c'est la même personne.

Me sentant accusé (par moi-même !) pour ces méthodes peu scientifiques, je publie ici l'intégralité de la réflexion qui m'a amené à cette hypothèse.


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Texte non disponible

Lodève (évêché)

BOMPAIRE (Marc), « Le monnayage des évêques de Lodève au nom de saint Fulcran », Etudes héraultaises, 1995-1996, n° 26-27, p. 15-22.

― La circulation monétaire en Languedoc (Xe-XIIIe siècle), thèse de doct., histoire, Paris IV-Sorbonne, 2002, t. III, « Uzès, Lodève, Mende », p. 6-12.

BONNET (Emile), Les monnaies des évêques de Lodève, Montpellier, 1900, 17 p.

CHAUDRUC de CRAZANNES (baron Jean-Marie), « Sur la monnaie des évêques de Lodève », RN, 1844, n° 9, p. 435-440.

FAURIS de SAINT-VINCENS (Jules), « Mémoire sur les monnaies qui eurent cours en Provence depuis la fin de l’Empire d’Occident, jusqu’au XVIe siècle », Histoire de Provence, dir. abbé Jean Papon, Paris, Moutard, 1778-1784, t. II-III.

MOLINIER (A.), « Actes inédits de Philippe Auguste », BÉC, 1876, p. 381-386.

REQUIEN (Esprit), « Notice sur quelques monnaies inédites du musée Calvet. Trouvaille de Rochegude (Drôme) », RN, 1844, n° 9, p. 124-127.

TEMPLE (Antoine), Médaillier de la Société archéologique de Montpellier, inventaire des monnaies médiévales, diplôme d’études supérieures, Montpellier, 1967, p. 159-160, pl. vii, 1.

VIDAL (Henri), « La première Vie de saint Fulcran et le triomphe de l’épiscopat lodévois au xiie siècle », Annales du Midi, 1965, n° 7, p. 7-20.

Date de concession

1188

Période de frappe

XIe-XIIIe siècle

Bénéficiaire

évêque ?

Saint patron

Saint Genaise

Province

Languedoc

Diocèse

Lodève

Province ecclésiastique

Narbonne

Liste des évêques

Saint Fulcran 949-1006
Matfroi 1006-1015
Olimbel 1015-v. 1035
Bernard Ier v. 1040-1049
Bernard II 1050
Rostaing v. 1054-v. 1070
Bernard III de Provenchères v. 1072-1099
Dieudonné Ier de Chalus 1100-1102
Pierre Ier Raimond 1102-1154
Pierre II de Posquières 1155-1161
Gaucelin-Raimond de Montpeyroux 1162-1187
Raimond-Guillaume de Montpellier 1187-1201
Pierre III de Frotier 1201-1207
Pierre IV de Lodève 1207-1237
Bertrand Ier de Mornay 1237-1241
Guillaume Ier de Casouls 1241-1259
Raimond Ier Bellin 1259-1262
Raimond II Adolphe 1263-1279
Bérenger Ier de Boussagues 1279-1284
Bérenger II Guitard 1285-1290
Bernard IV de Poitiers 1290
Gaucelin de la Garde 1290-1296
Itier de Bordeaux 1296-1302
Dieudonné II de Boussagues 1302-1312
Bernard V 1313-1314
Guillaume II du Puy 1314-1316
Guillaume III de Mandagot 1316-1317
Gui Ier 1317
Jacques Ier de Concos 1317-1321
Jean Ier de la Tissandière 1322-1323
Bernard VI de Guyonne 1324-1331
Bertrand II du Mas 1332-1348

I. Une obtention du droit de frappe en plusieurs étapes

Les actes qui touchent à la question monétaire sont pour Lodève plus nombreux que les monnaies connues. Pourtant les mentions de monnaies lodévoises sont rares, et ne sont jamais extérieures à la cité épiscopale ; et les exemplaires sont à ce jour au nombre de cinq à sept, de deux types différents.

Il semble que l’évêque ne monnaie qu’à partir de la seconde moitié du xiie siècle. En 1157, Louis VII (1137-1180) concède les droits régaliens à l’église de Lodève et à l’évêque Pierre II de Posquières (1155-1161), et leur confirme, entre autres privilèges, la possession des mines d’argent et autres métaux sur son territoire. Toutefois il n’est pas question expressément de la monnaie. En 1160 et 1162, la concession des regalia est confirmée derechef. Mais le droit de frappe n’apparaît pour la première fois dans un diplôme royal qu’en 1188 : à cette date, Philippe Auguste (1180-1223) reprend le formulaire des actes de confirmation précédents, en ajoutant quelques nouveaux droits dans la liste des droits régaliens dont l’évêque dispose, parmi lesquels le droit de frappe. Celui-ci était-il contenu implicitement dans les actes précédents ? Il est difficile de comparer les actes de Louis VII pour Lodève avec d’autres concessions monétaires du même souverain, car elles sont peu nombreuses. A Mende, où le roi concède les droits régaliens à l’évêque en 1161-1162, la situation est tout aussi trouble : la monnaie n’est pas mentionnée, mais l’évêque de Mende frappe peu après, sans doute à la suite de l’invention des reliques de saint Privat. A Uzès, le monnayage est reconnu, mais clairement mentionné comme existant déjà : ce n’est pas le cas dans le diplôme de Philippe Auguste en 1188 en faveur de Lodève. Cette constatation suggère qu’en 1188, l’atelier épiscopal lodévois n’existe peut-être pas encore.

Il n’est donc pas impossible que l’évêque de Lodève, ayant reçu les regalia comme l’évêque de Mende, et voyant celui-ci commencer à monnayer, ait sollicité de la part du roi de France une confirmation du droit de frappe, en vertu de la concession des regalia.

En 1189, l’évêque Raimond-Guillaume de Montpellier (1187-1201) nomme un essayeur (probator) pour trois ans. C’est le vrai lancement de l’atelier.

En 1210, le roi confirme une nouvelle fois le droit de frappe et réglemente la circulation de la monnaie de Lodève. L’activité de l’atelier semble attesté jusque dans la seconde moitié du xiiie siècle. En 1271, le seigneur de Clermont reconnaît à l’évêque le droit de monnayer. En 1285 enfin, date de la dernière mention, un procureur de l’évêque interdit l’utilisation d’autres monnaies que les parisis, tournois et lodévois :

prohibens ne alia quam turonensi, parisiensi vel lodovensi uteretur.

Il est plus que probable qu’à cette date aucune monnaie lodévoise n’était plus frappée.

Les actes de concession du droit de frappe, en 1188, 1210 et 1271, précise que la monnaie peut circuler dans tout l’évêché, per totum episcopatum.

II. Typologie

Malgré le petit nombre de pièces conservées, et le plus petit nombre encore de types utilisés, la monnaie de Lodève constitue un cas très intéressant, tant pour l’iconographie elle-même que pour la structure des images et des légendes.

A. Saint Fulcran

Les deux types sortis des ateliers de Lodève sont les suivants :

Premier type : EPS LODOVE Buste mitré de face. Au revers : S. FVLCRANNVS Croix.

Deuxième type : FVLCRANNVS SCS surmonté d’un tilde dans le champ. Au revers : EPS LODOVE Croix toulousaine.

Saint Fulcran, de la famille des comtes de Substantion et des seigneurs de Montpellier, devient évêque de Lodève en 949, élu par le chapitre (il est d’abord chanoine de Maguelonne), et meurt en 1006. Il n’est canonisé qu’en 1150, donc peu avant la date supposée de l’apparition du monnayage.

L’église épiscopale est toujours dédiée à saint Genaise dans les actes de 1157 et 1162. Le culte de saint Fulcran se développe assez tardivement. Sa Vie écrite au xiie siècle représente l’évêque de Lodève du xe siècle saint Fulcran en exaltant le pouvoir épiscopal. Or le xiie siècle est le moment d’un conflit de pouvoirs entre l’évêque et le vicomte. Mais la rédaction de la Vita de saint Fulcran ne date probablement que de 1196-1201, c'est-à-dire qu’elle est postérieure à la victoire de l’évêque sur le seigneur laïque, qui renonce à ses droits en 1187. Le culte de saint Fulcran n’est donc pas exploité pendant la lutte contre le vicomte, mais juste après, pour « asseoir une autorité épiscopale encore fragile. » L’emploi de son effigie sur les monnaies obéit au même projet, tout en étant en même temps est une imitation de l’attitude de l’évêque de Mende, qui monnaie au buste de saint Privat.

B. Saint Fulcran, les bustes numismatiques du Languedoc et l’originalité de Lodève

La question se pose de savoir si la monnaie de Lodève est imitée de celle de Mende. Celle-ci est elle-même reprise et adaptée du type épiscopal de Clermont à la Vierge de face, coupant la légende. Mais le buste de saint Fulcran ne coupe pas la légende.

Voici, dans notre corpus, la liste des ateliers frappant des bustes de face ne coupant pas la légende. Ils ne sont pas classés par ordre chronologique, car il ne s’agit pas de restituer l’ordre d’apparition d’un type, mais de caractériser un phénomène.

Le buste de face ne coupant pas la légende

Atelier

Référence

Siècle d’émission

Dates d’émission

Bénéficiaire

Avignon

VIII.4.

fin xiiie-début xive siècle

1294-1303

Boniface VIII

Avignon

VIII.9.

xive siècle

1316-1334

Jean XXII

Cambrai

X.A.8.

xiiie siècle

1248/1249-1273

Nicolas III de Fontaines

Cambrai

X.A.9.

xiiie siècle

1249-1274

Nicolas III de Fontaines

Cambrai

X.A.11.

xiiie siècle

1274

vacance épiscopale

Cambrai

X.A.12.

fin xiiie siècle

1274-1286

Enguerrand II de Créquy

Cambrai

X.A.13.

fin xiiie siècle

1274-1286

Enguerrand II de Créquy

Cambrai

X.A.15.

fin xiiie siècle

1286-1296

Guillaume Ier de Hainaut

Cambrai

X.A.17.

fin xiiie-début xive siècle

1300-1306

Guy II de Colmieu

Cambrai

X.A.21.

début xive siècle

1306-1309

Philippe de Marigny

Cambrai

X.A.25.

début xive siècle

1309-1324

Pierre III de Lévis-Mirepoix

Cambrai

X.A.26.

début xive siècle

1309-1324

Pierre III de Lévis-Mirepoix

Die

IX.FDie.2.

fin xiiie siècle

1285-1297

Jean II de Genève

Die

IX.FDie.3.

xive siècle

1320-1325

Guillaume de Roussillon

Laon

XIII.D.5.

xe siècle

986-987

Adalbéron

Laon

XIII.D.10.

xiie siècle

1151-1174

Gauthier Ier ou Gauthier II

Laon

XIII.D.11.

fin xiie siècle

1175-1201

Roger Ier de Rosoi

Laon

XIII.D.12.

fin xiie-début xiiie siècle

1175-1201

Roger Ier de Rosoi

Laon

XIII.D.13.

début xive siècle

1310-1315

Gazon II

Lodève

XIV.C.2.

xiie siècle



Metz

XVI.A.80.

xive siècle

1327-1361

Adhémar de Monteil

Reims

VII.D.10.

xe siècle

991-995

Gerbert

Saint-Dié

XVI.F.2.

fin xiie siècle


duc de Lorraine

Saint-Paul-Trois-Châteaux

IX.E.13.

xive siècle

1328-1348

Hugues Aimeri

Toul

XVI.E.30.

xive siècle

1309-1320

Jean d’Arzilières

Toul

XVI.E.38.

xive siècle

1330-1353

Thomas de Bourlémont

Toul

XVI.E.39.

xive siècle

1330-1353

Thomas de Bourlémont

Verdun

XVI.I.11.

xie siècle

1046-1089

Thierry

Verdun

XVI.I.12.

xie siècle

1046-1089

Thierry

Vienne

IX.A.25.

fin xive siècle



Viviers

XIV.H.9.

xive siècle

1326-1330

Adhémar II


A l’exception des monnaies de Die montrant le buste de la Vierge, toutes ces pièces ont comme type le buste d’un évêque, éventuellement d’un seigneur laïque. Le type de la tête de face à Vienne est également à part : il est censé représenter la tête de saint Maurice, mais il s’agit d’une imitation.

Donc la norme ― aux exceptions près mentionnées ci-dessus ― veut que les bustes représentés de face qui ne coupent pas la légende soient des individus de chair et d’os, et non des saints et saintes. La réciproque est d’ailleurs vrai : les bustes de face coupant la légende sont généralement des représentations de saints. Les exceptions à cette dernière « règle » sont : le buste mitré à Arles, qui parfois est entouré de la légende désignant saint Trophime, mais pas toujours ; les bustes pontificaux sur certaines émissions avignonnaises ; trois monnaies de Metz et une de Strasbourg.

Le buste de saint Fulcran, quant à lui, ne coupe pas la légende. Cela doit étonner : d’une part en vertu des constatations qui viennent d’être faites, d’autre part parce que dans la région, que l’évêque de Lodève veuille s’inspirer des deniers de Clermont, de Souvigny, de Mende ou de Saint-Martial de Limoges, il ne trouve que des représentations de bustes coupant la légende. L’explication pourrait être la suivante : saint Fulcran est mis en valeur à Lodève en temps qu’ancien évêque de la ville, peut-être plus qu’en tant que saint. Le contenu de sa Vie rédigée à l’époque où apparaît le monnayage a été évoqué : c’est son action dans le siècle qui est mise en avant, sa capacité à lutter contre les ambitions des seigneurs laïques. Il est davantage évêque que saint. Et cela est révélé par un deuxième aspect : la répartition des légendes.

Il n’est pas habituel, lorsque se trouve sur une monnaie le buste d’un saint et son nom, que le buste soit sur une face et le nom sur l’autre. La légende qui se trouve autour du buste mitré ― ce n’est pas un chef-reliquaire, mais la représentation du saint en évêque ― n’est pas SCS FVLCRANNVS, ainsi qu’on peut le voir à Mende et ailleurs, mais Lodovensis episcopus. En quelque sorte, c’est davantage l’évêque qui monnaie qui est ainsi représenté ; en plaçant le nom de Fulcran au revers, il y a une hésitation sur la personne représentée dans le champ, et comme une superposition entre l’évêque de Lodève et son illustre prédécesseur.

Mais peut-être est-ce aller là un peu loin dans l’interprétation que l’on peut faire de ces pièces. Ce qui est indiscutable néanmoins, c’est que la répartition des légendes par rapport aux types qu’elles entourent n’est pas « naturelle », ou plus exactement ce n’est pas la pratique courante. Or, comme nous l’avons dit à plusieurs reprises, les évêques qui commencent à battre monnaie tardivement, dans la seconde moitié du xiie siècle, cherchent plutôt à adopter des pratiques déjà existantes qu’à faire preuve d’originalité. Le fait que les monnaies de Lodève se distinguent de ces pratiques doit être compris comme intentionnel.

Un autre aspect des monnaies lodévoises les rend également particulières : le lien constant entre les légendes de l’avers et du revers, et entre le rondeau et le champ. Toutes les légendes courent d’une face sur l’autre : Sanctus Fulcrannus / Lodovensis episcopus. Mais le second type crée également un sens de lecture plus rare, qui va du champ du droit à la légende du droit, pour ensuite passer à la légende du revers : c’est le denier portant dans le champ l’abréviation SCS, pour Sanctus, qui doit évidemment se lire comme précédant l’inscription du rondeau, Fulcrannus.

Tous ces aspects font des monnaies de Lodève une production très particulière, ce qui ne fait qu’accroître le regret du numismate devant le petit nombre d’exemplaires et de variétés connus.

Description

Denier (milieu xiie siècle) :

XIV.C.1.

+ LODOVENS.EPS. Buste mitré (mitre cornue) dans le champ.

℞ : + FVLCRANNVS Croix pattée dans un grènetis.

Duby, pl. xiv ; CRAZANNES, RN, 1844, p. 435.

Denier (milieu xiie siècle) :

XIV.C.2.

+ EPS •••LODOVE Tête de face mitrée (mitre cornue) dans un grènetis.

℞ : S (trèfle) FVLCRAN.NV’ Croix pattée dans un grènetis.

PA 3860 ; ROBERTS n° 4909 ; Dy 2004, 1566.

Puis les légendes son conservées, mais le type du droit est remplacé par SCS dans le champ.

Denier (seconde moitié xiie siècle, peut-être après le règlement de 1188) :

XIV.C.3.

+ FVLCRANVS SCS dans un grènetis surmonté d’un signe abréviatif.

℞ : + EPS LODOVE Croix de Malte dans un grènetis, un point à l’extrémité de chaque bras.

PA 3861 ; ROBERTS n° 3965 ; Dy 2004, 1567.

Ce denier, conservé au musée Calvet, n’est connu que par un seul exemplaire, découvert dans le trésor de Rochegude enfoui au début du xiiie siècle (avant 1210).

PREUVES

I.

1188. ― Etampes.

Le roi de France Philippe Auguste (1180-1223) reprend le diplôme de son prédécesseur Louis VII (1137-1180) accordé en 1162, confirmant les privilèges obtenus antérieurement par les évêques de Lodève, « et spécialement » le droit de frappe. Philippe Auguste recopie la teneur de l’acte de son père.

D’après l’édition de Marc BOMPAIRE, La circulation monétaire en Languedoc (xe-xiiie siècle), thèse de doct., histoire, Paris IV-Sorbonne, 2002, t. III, « Uzès, Lodève, Mende », p. 6, établie à partir du cartulaire de l’église de Lodève.

« […] Unde notum facimus universis tam presentibus quam futuris quod ecclesiae Beati martyris Genesii et episcopis quicumque ibi sederint et tibi presentialiter Gaucelino Lodovensi episcopo concedimus ac nostri privilegii auctoritate communimus in civitate seu in villa quae dicitur Lodova ecclesiam que est constructa in honore beati Genesii martyris et ipsam eamdem villam cum omnibus ad praefatam ecclesiam pertinentibus et vicariam ejusdem ville si qua est et licentiam faciendi in eadem villa et in omnibus ecclesie Lodovensis alodiis turres, munitiones, muros, portarum tuiciones, vallos […]. Inhibemus etiam ne dux vel comes seu alia potestas super jamdictam ecclesiam aut res ejus injustam exactionem exerceat aut domos aut bona decendentis episcopi occupet vel invadat. Adhuc eciam hujus nostrae sanctionis pagina concedimus tibi prefato episcopo regalia totius episcopatus Lodovensis, scilicet stratas, novas forcias et praecipue illas que fiunt in ecclesiis vel cimiteriis eorumque domibus vel pertinenciis et specialiter monetam regia auctoritate et accipiatur per totum episcopatum vestrum nec possint aliqui petere partem vel jus aliquid in moneta nostra, jus prohibendi facere novas monetas et novas forcias in toto episcopatu Lodovensi facultatem quoque exigendi fidelitates regi debitas et potestatem judiciariam omnium causarum tam civilium quam criminalium seu contradictione curie secularis et insuper minarias totius episcopatus Lodovensis quecumque jam aperte vel postmodum aperiende sunt que regii juris esse noscuntur. […] Actum publice Stampis, anno Incarnationis Verbi 1162°, regni vero nostri 26 […]. »

II.

1210.

Diplôme royal de Philippe Auguste (1180-1223) confirmant le droit de frappe des évêques de Lodève.

D’après l’édition de Marc BOMPAIRE, « Le monnayage des évêques de Lodève au nom de saint Fulcran », Etudes héraultaises, 1995-1996, n.°26-27, p. 18, établie à partir du cartulaire de l’église de Lodève.

Le texte est repris des actes de 1162 et 1188.

III.

1271.

Charte du seigneur de Clermont confirmant le droit de frappe des évêques de Lodève.

D’après l’édition de Marc BOMPAIRE, « Le monnayage des évêques de Lodève au nom de saint Fulcran », Etudes héraultaises, 1995-1996, n.°26-27, p. 18, établie à partir du cartulaire de l’église de Lodève.

IV.

1285.

Règlement du procureur de l’évêque de Lodève interdisant d’employer d’autres monnaies que le tournois, le parisis et le lodévois.

D’après l’édition de Marc BOMPAIRE, « Le monnayage des évêques de Lodève au nom de saint Fulcran », Etudes héraultaises, 1995-1996, n.°26-27, p. 18, établie à partir du cartulaire de l’église de Lodève.

[…] prohibens ne alia quam turonensi, parisiensi vel lodovensi uteretur. […]

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Le type monétaire de Saint-Gilles : article disponible sur HAL

Le service HAL (Hyper Article en Ligne) du CNRS est un réservoir permettant à tout chercheur de déposer ses publications ou projets de publication en ligne. J'ai appris il y a quelques jours seulement que j'avais tout à fait le droit de le faire aussi, même sans appartenir à un laboratoire (il y a un champ "Laboratoire" quand on veut y déposer un article : j'y ai mis "Société française de numismatique").
J'y ai donc mis mon article sur le type monétaire de Saint-Gilles.
Reproduction d'une planche de Poey d'Avant d'un denier de Saint-Gilles
J'avais exposé les conclusions auquel j'étais parvenu dans un précédent billet, et j'avais reçu quelques commentaires, auxquels je n'ai jamais répondu correctement : ils appelaient des recherches (sur la numismatique du Moyen Orient notamment) que je n'ai pas eu le temps de faire. Je m'en excuse et m'engage à m'efforcer d'y répondre un jour, et d'argumenter sur toutes les failles de mon raisonnement. Mais il faudra attendre encore un peu...
Mon article sur le type monétaire de Saint-Gilles est disponible sur ce lien.

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14 avril 2008

Petits principes iconographiques

J'ai laissé traîner plusieurs semaines le Bulletin de la Société française de numismatique de janvier 2008 avant de trouver le temps de le lire. Voilà qui est fait et je n'ai pas été déçu : tout son contenu portait sur la numismatique médiévale (ce qui m'a désolé de n'avoir pu assister à la réunion ayant donné lieu à ces échanges).
Pour info, voici les deux communications :
  • SACCOCCI (Andrea), « Virgile et les saints patrons : un païen dans le monnayage épiscopal de Mantoue (XIIe-XIVe siècle) », BSFN, 2008, vol. 63, n° 1, p. 2-12
  • CHAREYRON (Régis), « Un denier inédit de Pastor de Sarrats, archevêque d’Embrun de 1338 à 1350 », BSFN, 2008, vol. 63, n° 1, p. 12-14
Les deux sont extrêmement intéressantes, mais la première surtout contient une réflexion sur la "bonne" manière (la manière légitime) de décrypter l'iconographie numismatique. Je m'empresse de vous retranscrire ces passages que je fais miens :
« Il faut dire que la monnaie, sous le profil juridique, est un objet qui exerce ses fonctions (unité de compte, moyen d'échange, etc., même dans le domaine privé (qui n'est pas sujet au contrôle direct de l'Etat) avec "force de loi", c'est-à-dire que l'utilisation par le public de cet objet est, d'une part garantie, de l'autre rendue obligatoire par un Etat. Par conséquent, tout ce qui y est imprimé a pour but d'indiquer et de rendre identifiables les pouvoirs attribués à la monnaie pour accomplir de telles fonctions [...]. En d'autres termes, et en simplifiant à l'extrême, je pense que les légendes et les représentations monétaires doivent satisfaire, pour la monnaie, à la même fonction que les poinçons sur les plateaux des balances d'usage public, aussi bien que les cachets, les signatures et les souscriptions pour des documents notariaux [...]. Les autorités monétaires, évidemment, tiennent compte de cela, et donc insèrent dans l'iconographie de la monnaie des éléments qui permettent [d'un côté] d'identifier immédiatement les responsables de chaque émission, de l'autre de rendre plus difficile la falsification.
« La monnaie, enfin, a aussi une fonction économique qui en justifie l'existence même, donc sa typologie est fortement conditionnée par cette fonction, elle n'est jamais arbitraire. En conséquence beaucoup de choix iconographiques, un fois satisfaites les exigences indiquées plus haut, peuvent être simplement justifiées par la nécessité d'imité de façon plus ou moins fidèle le type de quelque monnaie connaissant une grande popularité. [...]
« Je pense qu'à l'époque médiévale, surtout avant le XIVe siècle, les aspects que nous avons indiqués plus haut semblent justifier la presque totalité des typologies monétaires attestées. C'est donc dans ce domaine, avant tout juridique et ensuite économique, que nous devrions rechercher l'explication de choix épigraphiques ou iconographiques pas encore éclaircis, en réservant à un autre moment les interprétations sur la fonction symbolique. »

Donc si l'on veut interpréter l'iconographie d'une monnaie, il faut d'abord commencer par expliquer en quoi elle satisfait aux contraintes juridiques (désigner l'émetteur) et économiques (aider la monnaie à s'insérer dans la circulation des autres monnaies) avant de vouloir donner des explications religieuses ou ésotériques.

Cela rejoint tout à fait les observations que j'avais pu faire pour ma thèse : étudiant initialement l'iconographie religieuse sur les monnaies, j'ai été frappé de l'omniprésence du phénomène d'imitation (plus ou moins libre) qui expliquait certaines figures de saints, beaucoup plus que la religiosité du lieu émetteur.

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15 mars 2008

Florins : un exemple d'utilisation de Yahoo! Pipes et Google Maps

Liste des lieux où ont été frappées des imitations de florins (en France)
Lieu : Hainaut ; Ville : Valenciennes ; Pays : France
Lieu : Cambrai ; Ville : Cambrai ; Pays : France
Lieu : Metz ; Ville : Metz ; Pays : France
Lieu : Lorraine ; Ville : Nancy ; Pays : France
Lieu : Bar ; Ville : Bar-le-Duc ; Pays : France
Lieu : Haguenau ; Ville : Haguenau ; Pays : France
Lieu : Bourgogne ; Ville : Dijon ; Pays : France
Lieu : Aquitaine ; Ville : Agen ; Pays : France
Lieu : Viennois ; Ville : Vienne ; Pays : France
Lieu : Montélimar ; Ville : Montélimar ; Pays : France
Lieu : Valentinois ; Ville : Valence ; Pays : France
Lieu : Béarn ; Ville : Pau ; Pays : France
Lieu : Toulouse ; Ville : Toulouse ; Pays : France
Lieu : Savoie ; Ville : Chambéry ; Pays : France
Lieu : Saint-Paul-Trois-Châteaux ; Ville : Saint-Paul-Trois-Châteaux ; Pays : France
Lieu : Montpellier ; Ville : Montpellier ; Pays : France
Lieu : Perpignan ; Ville : Perpignan ; Pays : France
Lieu : Arles ; Ville : Arles ; Pays : France
Lieu : Provence ; Ville : Aix-en-Provence ; Pays : France
(source : BERNOCCHI, M. Le monete della Republica fiorentina. Florence, 1974.)

Agrandir le plan

Vous voyez ci-dessus une exploitation très perfectible d'une chaîne de traitement
Liste de lieux > Yahoo Pipes > Google Maps
Yahoo Pipes devient un outil extrêmement utile pour générer des cartes, quand on ne sait pas (ou pas encore) manipuler le JavaScript minimal pour faire ça directement dans Google.
J'indique donc la liste des noms à faire apparaître sur la carte (ville, province, etc.), dans une page HTML. Je rentre cette page dans un pipe, et je lui dis qu'il faut extraire une mention de lieu en combinant la ville avec le pays.
Il me produit ainsi une jolie carte dont j'exporte le fichier KML, et j'importe le fichier KML dans Google Maps.
Deux avantages à utiliser à la fois Yahoo Pipes et Google Maps :
  1. les entrées dans Yahoo Pipes peuvent être des variables : je peux générer une carte en entrant à chaque fois une page différente, tout en utilisant le même pipe.
  2. Google Maps indique facilement comment insérer une carte Google dans une page web.
Ainsi Yahoo Pipes me produit une carte temporaire, dont j'extrais les données de lieu, et Google Maps stocke mes cartes.
Problème ici : bizarrement, l'export KML ne contient pas l'intégralité des ateliers listés, pourtant bien présents sur la carte Yahoo. Il faudra que j'explore ce mystère, et que je vois si c'est récurrent.

A priori, si ça fonctionne bien, ça permettrait de génerer en quelques minutes, pour tout type iconographique étudié (ou autre phénomène), une cartographie souple (car on peut ensuite modifier la carte Google à la main).
En outre, rien n'empêche d'enrichir la liste initiale, avec une référence à une image (en ligne), une ou plusieurs références bibliographiques, une description, etc. En cliquant sur les bulles Google, un encart complet apparaîtrait avec toutes ces informations.

<update> Un billet du blog officiel de Yahoo! Pipes explique comment insérer un "badge" dans un site web. Et voici la carte qui résulte de la liste ci-dessous.

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29 juin 2007

Excel vers EAD

Pour obtenir une base en EAD, c'est toujours une très mauvaise idée de saisir l'encodage XML. Le mieux est de partir des pratiques existantes, et de permettre aux personnes inventoriant leurs fonds de travailler avec des outils bureautiques classiques.
Donc en général on a deux types de documents à convertir : les inventaires sous Word, et les inventaires sous Excel.
Les premiers sont très différents des seconds. Les isous Word sont déjà structurés en parties, sous-parties, sous-sous-parties, etc., correspondant à peu près à la structure d'un document EAD. La conversion en XML, via OpenOffice (j'en ai déjà parlé) n'est une conversion des noms de balises (je simplifie un peu) : on remplace le tag "résumé" par une balise "abstract" et le style Titre 1 par <c level="series"><did><unitid>Texte en Titre 1</unitid> etc.

Sous Excel, c'est complètement différent : la même information est répétée à chaque ligne. Par exemple si j'ai une dizaine de monnaies de Corbie, l'information "Corbie" est répétée à chaque ligne, alors qu'en EAD c'est une information chapeau, indiquée une seule fois, et qui englobe toutes les monnaies.
J'ai donc mis au point une chaîne en plusieurs étapes, permettant la récupération d'un inventaire Excel en EAD :
  1. Publipostage : c'est une fonction qui existe dans Word, sous l'onglet "Outils". Pour chaque ligne Excel, je récupère l'information présente dans une colonne et je la mets sous une nouvelle mise en forme :
    <monnaie>
    <id>«Numéro»</id>
    <ref>«Référence»</ref>
    <atelier>«Les_conditions_de_lémission»</atelier>
    <type_d_atelier>«F6»</type_d_atelier>
    <siecle>«F28»</siecle>
    <dates>«F32»</dates>
    <seigneur>«F33»</seigneur>
    <nom_monnaie>«F16»</nom_monnaie>
    <metal>«F18»</metal>
    <avers_champ>«Description»</avers_champ>
    <revers_champ>«F73»</revers_champ>
    <avers_legende>«Légende»</avers_legende>
    <avers_legende_dvpt>«F114»</avers_legende_dvpt>
    <revers_legende>«F133»</revers_legende>
    <revers_legende_dvpt>«F134»</revers_legende_dvpt>
    <departement>«Localisation»</departement>
    <province_laique>«F21»</province_laique>
    <province_ecclesiastique>«F24»</province_ecclesiastique>
    <diocese>«F23»</diocese>
    </monnaie>

    Tout ce qui est entre guillemets, c'est l'appel d'une colonne, pour chaque ligne Excel. Ca produit un fichier XML (dans Word, à copier ensuite dans un éditeur XML) qui compte autant de <monnaie/> qu'il y a de lignes.

  2. Il faut ensuite les remettre en EAD, en groupant les <monnaie/> selon certains critères : géographique (par région), puis par atelier (triés par ordre alphabétique), puis par seigneur (triés par ordre chronologique), puis par métal, puis par type de monnaie.
Cette conversion EAD, avec regroupement, s'effectue avec une feuille XSL qui utilise la "méthode Muenchian" (que j'ai découverte pour l'occasion). Celle que j'ai paramétrée est encore très sommaire : elle ne trie que par atelier, et au sein de chaque atelier par ordre chronologique.
C'est à affiner progressivement.
Les tris successifs ne sont pas très compliqués à rajouter, une fois qu'on a le modèle. Il faudrait encore réfléchir à la valeur à donner aux attributs level des <c>
<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<xsl:stylesheet version="2.0" xmlns:xsl="http://www.w3.org/1999/XSL/Transform" xmlns:xs="http://www.w3.org/2001/XMLSchema" xmlns:fn="http://www.w3.org/2005/02/xpath-functions" xmlns:xdt="http://www.w3.org/2005/02/xpath-datatypes" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:html="http://www.w3.org/1999/xhtml">
<xsl:output method="xml" version="1.0" encoding="UTF-8" indent="yes"/>
<xsl:key name="monnaies-par-atelier" match="monnaie" use="atelier"/>
<xsl:template match="/">
<ead>
<eadheader>
<xsl:call-template name="metadonnees"/>
</eadheader>
<archdesc>
<xsl:apply-templates/>
</archdesc>
</ead>
</xsl:template>
<xsl:template name="metadonnees">
<eadid countrycode="FR">ID<xsl:value-of select="generate-id()"/>
</eadid>
<filedesc>
<titlestmt>
<titleproper>Inventaire en EAD</titleproper>
<author>????</author>
</titlestmt>
</filedesc>
<profiledesc>
<creation>Tableau Excel extrait par publipostage, puis regroupement des notices par autorité (atelier), émetteur (personne physique), métal et type de monnaie</creation>
<!-- Description du fichier électronique, de la façon dont le document a été obtenu-->
<langusage>Document rédigé en <language langcode="fre">français</language>
</langusage>
</profiledesc>
</xsl:template>


<xsl:template match="monnaies">
<did>
<unitid>Inventaire EAD de monnaies</unitid>
</did>
<dsc>
<xsl:for-each select="monnaie[count(. | key('monnaies-par-atelier', atelier)[1])=1]">
<xsl:sort select="atelier"/>
<c>
<did>
<unittitle>
<xsl:value-of select="atelier"/>
</unittitle>
</did>
<xsl:for-each select="key('monnaies-par-atelier', atelier)">
<xsl:sort select="siecle"/>
<xsl:call-template name="notice_monnaie"/>
</xsl:for-each>
</c>
</xsl:for-each>
</dsc>
</xsl:template>


<xsl:template name="notice_monnaie">
<c>
<did>
<unittitle><xsl:value-of select="nom_monnaie"/></unittitle>
<unitid>
<xsl:value-of select="id"/>
</unitid>
<unitdate>
<xsl:choose>
<xsl:when test="dates/child::text()"><xsl:value-of select="dates"/>
<xsl:choose>
<xsl:when test="siecles/child::text()">[<xsl:value-of select="siecles"/></xsl:when>
</xsl:choose>
</xsl:when>
<xsl:otherwise>
<xsl:value-of select="siecle"/>
</xsl:otherwise>
</xsl:choose>

</unitdate>
<physdesc>
<physfacet type="metal">
<xsl:value-of select="metal"/>
</physfacet>
<dimensions type="weight">
<xsl:value-of select="poids"/>
</dimensions>
<dimensions type="angle">
<xsl:value-of select="angle"/>
</dimensions>
</physdesc>
</did>
<!--La balise <controlaccess> contient tous les mots clés : localisation géographique, indexation iconographique, etc.-->
<controlaccess>
<geogname source="dieudonne" role="province_laique"><xsl:value-of select="province_laique"/></geogname>
<geogname role="diocese"><xsl:value-of select="diocese"/></geogname>
<geogname role="province_eccl"><xsl:value-of select="province_eccl"/></geogname>
<geogname role="departement"><xsl:value-of select="departement"/></geogname>
<geogname role="region"><xsl:value-of select="region"/></geogname>
<occupation><xsl:value-of select="type_d_atelier"/></occupation>
</controlaccess>
<bibliography>
<bibref>
<xsl:value-of select="ref"/>
</bibref>
</bibliography>
<scopecontent>
<scopecontent dc:type="avers">
<p>
<xsl:attribute name="altrender"><xsl:value-of select="avers_legende_dvpt"/></xsl:attribute>
<xsl:value-of select="avers_legende"/>
</p>
<p>
<xsl:value-of select="avers_champ"/>
</p>
</scopecontent>
<scopecontent dc:type="revers">
<p>
<xsl:attribute name="altrender"><xsl:value-of select="revers_legende_dvpt"/></xsl:attribute>
<xsl:value-of select="revers_legende"/>
</p>
<p>
<xsl:value-of select="revers_champ"/>
</p>
</scopecontent>
</scopecontent>
</c>
</xsl:template>
</xsl:stylesheet>


Ce qui me donne un fichier de ce genre. J'ai 715 monnaies dans ce tableau à charger ainsi, avec aucune reprise à effectuer, dans ma base Pleade.
Seul gros défaut : mon tableau de fait référence à aucune image (alors que j'ai bien numérisé de nombreuses planches du XIXe siècle). Pour faire le lien, je pourrais rajouter une colonne pointant vers les images. En réalité, le plus logique est de modifier les noms de mes fichiers pour utiliser le champ "id" de chaque notice : chaque image devra s'appeler (par exemple) IX.A.1.jpg, et le lien vers l'image peut se construire dynamiquement, en utilisant l'identifiant et en rajoutant ".jpg" à la fin.
En terme d'encodage enfin, il faudra encore que je me décide sur ce que je fais de toute l'indexation iconographique : en effet j'ai à disposition dans mon tableau des colonnes "Alpha ou oméga : Oui/non", "Type iconographique/lettres", "Type religieux : oui/non", etc. Ce serait dommage que ça soit perdu.

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Je suis historien, un peu informaticien (j'adore les métadonnées !). D'où ce que vous pouvez lire ici.
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